Pourquoi est-ce qu’une Consommation par Intermittence (longues abstinences/frénésies) Représente un Risque d’Addiction ?

Traduction (par INDIE – administrateur des sites PornoScienceSanté , LaVéritésurlePorno et du forum de laveritesurleporno) de l’article « Why is intermittent use (long abstinence with binges) an addiction risk? » publiée le 11/09/17 par yourbrainonporn

La consommation très fréquente de pornographie sur Internet comporte des risques que de nombreux consommateurs connaissent bien et expérimentent aujourd’hui. Ceux-ci incluent l’escalade vers des matériaux plus extrêmes, une plus faible satisfaction sexuelle et relationnelle, la dépendance, et / ou la perte progressive d’attirance pour les partenaires réels (ainsi que l’anorgasmie et les érections peu fiables).

Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que la consommation intermittente (par exemple, 2 heures de consommation frénétique  de pornographie suivies de quelques semaines d’abstinence avant une autre séance de pornographie) présente un risque substantiel de dépendance. Les raisons sont biologiques et il existe un ensemble de recherches sur l’addiction et sur la « consommation intermittente » chez les animaux et les humains identifiant les événements cérébraux responsables.

Par exemple, les études sur la drogue et la malbouffe révèlent que la consommation intermittente peut conduire plus rapidement à des changements changements cérébraux liés à la dépendance. (que l’utilisateur glisse ou non dans une dépendance totale). Le changement cérébral primaire est la « sensibilisation » qui inonde le centre de récompense du cerveau avec des signaux qui rendent difficile d’ignorer les « cravings » (envies fortes de consommer). Avec la sensibilisation, les circuits cérébraux impliqués dans la motivation et la recherche de récompenses deviennent hyper-sensibles aux souvenirs/mémoires (« memories »)* ou indices (« cues ») liés au comportement addictif.

[Note d’INDIE : voici un texte pour mieux comprendre les « mémoires » en addiction :

  • Citation issue de la page 16 (chapitre 5.1) du pdf « neurosciences de l’addiction » par COROMA (Collège Roman de Médecine de l’Addiction) : « l’état addictif se traduit non seulement par l’importance accordée à la substance, mais également par l’ancrage en mémoire des « indices » qui lui sont associés. Le parc dans lequel s’effectuait l’achat de la substance, le visage d’une personne rappelant la consommation, une seringue entrevue chez le médecin, etc. Ces indices s’ancrent tellement profondément en mémoire qu’ils pourront à eux seuls déclencher la recherche de substance et la consommation. »

Retrouvez le document pdf complet icihttps://www.stop-tabak.ch/de/images/stories/documents_stop_tabac/neurosciences_addictions.pdf

Voici un texte pour mieux comprendre ce que sont les « indices » (« cues ») :

les indices » (« cues » en anglais), désignent les éléments que le cerveau mémorise et associe comme étant en lien avec une « session » de consommation d’une drogue. Par exemple, dans le cas de la dépendance au porno, le fait de voir une jolie femme dans la rue, de voir une publicité un peu sexy, ou un certain moment de la journée devant son ordinateur peuvent être associés par le cerveau comme des « indices »qui renforcent la tentation (« wanting ») ou des envies fortes (« cravings ») de retourner voir du porno lorsque nous sommes exposés à ces « indices ». ]

Retour à l’article :

Ce conditionnement pavlovien profond entraîne une augmentation du «désir» ou de l’envie. Des « indices », comme allumer l’ordinateur, voir une fenêtre pop-up, ou être seul, déclenchent des envies intenses/cravings pour le porno. (Les études rapportent une « sensibilisation » ou une « réactivité aux indices » (« cue-reactivity ») chez les consommateurs de pornographie : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18)

Encore plus remarquable : les périodes d’abstinence (2-4 semaines) conduisent à des changements neuroplastiques qui ne se produisent pas chez un utilisateur qui ne prend pas de telles pauses. Ces altérations du cerveau augmentent les cravings utilisées en réponse aux déclencheurs (« triggers »). En outre, le système de stress de sorte que même un stress mineur peut causer des cravings/envies fortes de consommer.

La consommation intermittente (en particulier lorsqu’elle est frénétique) peut également produire de de graves symptômes de sevrage, tels que la léthargie, la dépression et les « cravings/envies fortes ». En d’autres termes, quand quelqu’un consomme après une période alternant abstinence et frénésie, cela peut affecter le consommateur davantage – peut-être à cause de l’intensité accrue de l’expérience.

Sur la base de cette recherche, les scientifiques ont conclu que la consommation quotidienne de la cocaïne, de l’alcooldes cigarettes ou de la malbouffe (« junkfood ») n’est pas nécessaire pour générer des changements cérébraux liés à la dépendance. UNE FRENESIE PAR INTERMITTENCE PEUT AVOIR LES MÊMES EFFETS qu’une consommation continue, et dans certains cas, provoquer même plus d’effets.

Entre les consommateurs religieux et non religieux, lequel est le plus susceptible de comporter des consommateurs intermittents ? Étant donné la recherche montrant que les personnes religieuses consommatrices de porno préfèrent ne pas utiliser de pornographie, il y a probablement plus de religieux que de consommateurs laïcs coincés dans un cycle de frénésies-abstinences. Autrement dit, les consommateurs religieux auraient tendance à être des consommateurs intermittents. Les consommateurs non religieux signalent généralement qu’ils prennent rarement des pauses de plus de quelques jours [jours passés sans masturbation, mais SANS porno quoiqu’il arrive] – à moins qu’ils ne deviennent eux-mêmes des consommateurs intermittents lors de leur tentative d’arrêter leur utilisation de pornographie.

En bref, la masturbation occasionnelle sans pornographie (sans frénésie) est moins un risque de dépendance que le schéma abstinence-frénésie décrit dans cette page. Faites donc attention à ne pas tomber dans ce modèle car il peut rendre votre consommation de porno plus compulsive.

Si vous avez un craving, essayez quelques-unes de ces idées :

[les méthodes pour gérer les cravings sont en cours de traduction. Gary Wilson en propose 3 en bas de cette page. D’autres, plus complexes, sont en cours de traduction. Vous trouverez également un lien vers une méthode de méditation relaxante et excellente pour diminuer l’anxiété, les tensions physiques et psychologiques, ainsi que pour calmer l’esprit agité – source de stress et de compulsivité]

[vous pouvez donc utiliser un ou plusieurs des exercices de méditation relaxante proposés sur la rubrique « Faire Face aux Cravings »]

Retour à l’article :

Si vous ressentez des pulsions, des cravings, essayez quelques unes de ces idées :

La Pratique de la Circulation de l’Energie

Le « X Rouge »

 

  • Uriner peut réduire les pulsions.
  • Relâchez votre souffle lentement, et en même temps, contractez vos fesses / vos ischio-jambiers aussi fort que vous le pouvez afin que vous sentiez comme si vous vous souleviez, et restez comme ça jusqu’à ce que vous ne puissiez plus tenir la position, et relâchez lentement.
  • Retenez votre souffle pendant 30 secondes.

 

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