Des Etudes Révèlent des Liens entre la Consommation de porno et de Sévères Troubles Cognitifs et Emotionnels

Traduction de l’article publié le 30/07/2014 sur le site yourbrainonporn« Studies linking porn use to poorer mental-emotional health § poorer cognitive outcomes » 

 

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Trading Later Rewards for Current Pleasure: Pornography Consumption and Delay Discounting (2015)  

[Note d’INDIE : le « delay discounting » c’est quand une personne préfère prendre 10 euros TOUT DE SUITE plutôt que 20 euros la semaine prochaine. C’est l’incapacité à retarder une gratification immédiate en vue d’obtenir une meilleure récompense dans le futur.]

Plus les participants consommaient de pornographie, moins ils pouvaient retarder la satisfaction. Cette étude unique a également eu dans un de ces groupes-contrôle des consommateurs de porno ayant réduit leurs consommation pendant 3 semaines. L’étude a révélé que l’utilisation continue de pornographie était liée à une plus grande incapacité à retarder la gratification (notez que la capacité de retarder la gratification est une fonction du cortex préfrontal).

[Note d’INDIE : rappelez-vous que l’hypofrontalité, liée à la toxicomanie, a été identifiée par l’ensemble des études menées sur les cerveaux des pornodépendants : lire l’article « Etudes sur le Cerveau des Consommateurs de Pornographie »]

Extrait de la première étude (âge moyen des participants = 20 ans), qui a permis de mettre en relation l’utilisation de la pornographie avec les scores obtenus lors d’une tâche de « gratification différée »*:

[*la tâche de gratification différée permet d’évaluer la capacité d’un individu à résister à une récompense, à une gratification immédiate, et donc, d’évaluer son « delay discouting ». La plus connue de ces tâches est l’expérience du « test du Marshmallow », que vous retrouverez en résumé sur le lien suivant  (et qui fournit également une bonne explication de ce que sont les fonction exécutives humaines) : http://www.fondation-lamap.org/fr/page/25343/les-fonctions-executives-des-fonctions-necessaires-pour-lexecution-des-taches-complexes]

« Plus les participants consommaient de la pornographie, plus ils ont perçu les récompenses futures comme ayant moins de valeur que les récompenses immédiates, même si les récompenses futures valaient objectivement davantage ».

Autrement dit, la quantité de porno consommée est en corrélation avec une moindre capacité à retarder la satisfaction pour de plus amples récompenses futures. Dans la deuxième partie de cette étude, les chercheurs ont évalué à nouveau le « delay discounting » des sujets 4 semaines plus tard et ont observé le lien entre les résultats obtenus et la consommation de pornographie.

« Les résultats indiquent que l’exposition continue à la satisfaction immédiate de la pornographie est associée à une augmentation du delay discounting dans le temps ».

[Note d’Indie : EN GROS :  non seulement l’exposition à la pornographie augmente l’incapacité du consommateur à refuser la récompense immédiate  – qu’il refuserait pourtant au profit d’une gratification future objectivement plus avantageuse – mais en plus elle prolonge ce phénomène dans le temps].

Une deuxième étude (âge moyen = 19 ans) a été réalisée pour évaluer dans quelle mesure la consommation de pornographie entraîne une augmentation du « delay discounting ». Les chercheurs ont divisé les utilisateurs actuels de porno en deux groupes : le 1er groupe s’est abstenu de consommation de pornographie pendant 3 semaines, le 2ème groupe s’est abstenu de sa nourriture préférée pendant 3 semaines. Tous les participants ont été informés que l’étude portait sur la maîtrise de soi, et ils ont été choisis au hasard pour s’abstenir de leur activité assignée.

Les chercheurs ont eu l’intelligence de demander au 2ème groupe de consommateurs de porno de s’abstenir de manger leur nourriture préférée. Cela était une façon de s’assurer que : 1) tous les sujets des 2 groupes étaient ainsi engagés dans une tâche mettant la maîtrise de soi à l’épreuve, et 2) la consommation de porno du 2ème groupe n’a pas été modifiée [ce qui augmente nettement la fiabilité de l’étude]. À la fin des 3 semaines, les participants ont été soumis à une évaluation de leur « delay discounting ».

Note importante: Alors que le « groupe d’abstinents au porno » (1er groupe) ont consommé beaucoup moins de pornographie que ceux qui avaient pour mission de s’abstenir de leur nourriture préférée (le 2ème groupe donc), la plupart n’ont pas réussi à s’abstenir complètement de regarder de la pornographie. Les résultats:

« Comme prévu, les participants qui ont exercé une maîtrise sur leur volonté de consommer de la pornographie ont choisi un nombre plus élevé de récompenses plus grandes et plus tardives [récompenses futures plus avantageuses donc] que les participants qui ont exercé une maîtrise de leur consommation alimentaire mais qui ont continué à consommer de la pornographie à leur rythme habituel ».

Le groupe qui a réduit sa consommation de porno pendant 3 semaines a affiché moins de « delay discounting » que le groupe qui s’est simplement abstenu de sa nourriture préférée. En résumé, l’abstention de porno sur Internet augmente la capacité des utilisateurs porno à retarder la satisfaction. Autre citation :

« Ainsi, en s’appuyant sur les résultats longitudinaux de l’étude 1, nous avons démontré que la consommation continue de pornographie était liée à un « delay discounting » plus élevé. L’exercice de la maîtrise de soi dans le domaine sexuel a eu un effet plus important sur la réduction du « delay discounting » que l’exercice de la maîtrise de soi sur un autre appétit en lien avec la récompense physique (par exemple et en l’occurrence : manger sa nourriture préférée). »

Ce qu’il faut retenir en gros : – Ce n’était pas le fait de s’exercer à la maîtrise de soi qui augmentait la capacité à retarder la gratification. C’est la réduction de la consommation de porno qui a été le facteur clé. – Le Porno sur Internet est un stimulus unique. – Le visionnage de porno sur Internet, même chez les non-toxicomanes, a des effets à long terme.  

How Abstinence Affects Preferences (2016) (résultats préliminaires) Extraits de l’article:

Résultats de la première vague – Les principaux constats :  

« La durée des périodes d’abstinences réussies par les participants est en corrélation avec leurs préférences temporelles. Un second sondage nous permettra de savoir si des périodes plus longues d’abstinence rendent les participants plus susceptibles de réussir à retarder les récompenses, ou si davantage de patients participants sont capables de réaliser des périodes d’abstinences plus longues. Des périodes plus longues d’abstinence entraînent très probablement une diminution de l’aversion au risque (ce qui est bon). La deuxième enquête fournira la preuve finale. La personnalité est en corrélation avec la durée des abstinences. La deuxième vague révélera si l’abstinence influence la personnalité ou si la personnalité peut expliquer la variation de la longueur des abstinences. »

Résultats de la deuxième vague – Principales constatations

« S’abstenir de la pornographie et de la masturbation augmente la capacité de retarder les récompenses Vivre une période d’abstinence rend les gens plus disposés à prendre des risques. L’abstinence rend les gens plus altruistes. L’abstinence rend les gens plus extravertis, plus consciencieux et moins névrosés.  « 

Is students’ computer use at home related to their mathematical performance at school? (2008). Citation :

« En outre, les capacités cognitives des élèves ont été positivement liées à leur réussite en mathématiques. Enfin, regarder la télévision a eu un impact négatif sur la performance des étudiants. En particulier, regarder des films d’horreur, d’action ou pornographiques était associé à des scores plus faibles.  « 

Self-reported differences on measures of executive function and hypersexual behavior in a patient and community sample of men (2010) – Le «comportement hypersexuel» était corrélé avec une fonction exécutive plus faible (qui provient principalement du cortex préfrontal). Un extrait:

« Les patients qui cherchent de l’aide pour leur comportement hypersexuel présentent souvent des caractéristiques d’impulsivité, de rigidité cognitive, de mauvais jugement, de déficit de régulation de l’émotion et de préoccupation excessive pour le sexe. Certaines de ces caractéristiques sont également fréquentes chez les patients présentant une pathologie neurologique associée à un dysfonctionnement exécutif. Ces observations ont conduit à l’étude actuelle des différences entre un groupe de patients hypersexués (n = 87) et un échantillon de communauté non hypersexuée (n = 92) d’hommes en utilisant le BRIEF-A (Behavior Rating Inventory of Executive Function-Adult Version) : Le comportement hypersexuel a été corrélé positivement avec les indices globaux de dysfonctionnement exécutif et plusieurs sous-échelles du BRIEF-A. Ces résultats fournissent des preuves préliminaires soutenant l’hypothèse selon laquelle le dysfonctionnement de l’exécutif pourrait être impliqué dans un comportement hypersexterne. »

Pornographic picture processing interferes with working memory performance (2013)– Des scientifiques découvrent que l’érotisme sur Internet peut diminuer la mémoire immédiate. Dans cette expérience d’imagerie porno, 28 personnes en bonne santé ont du effectuer un travail de mémoire immédiate en s’exposant à 4 différentes séries d’images, dont l’une était à caractère pornographique. Les participants ont également du évaluer les images pornographiques en fonction de la différence ressentie en terme d’excitation sexuelle, et d’envie de se masturber, entre l’avant et l’après avoir vu la photo pornographique. Les résultats ont montré que la mémoire immédiate chutait lors de la visualisation des images pornographiques, et que l’excitation sexuelle augmentait cette chute. Un extrait:

« Les résultats soutiennent l’idée que les indicateurs d’excitation sexuelle due au traitement de l’image pornographique interfèrent avec la performance de la mémoire immédiate. Les constatations sont discutées en ce qui concerne la dépendance sexuelle à Internet, car les interférences des indices liés à la dépendance sur la mémoire immédiate sont bien connues dans les dépendances de substances. »

La mémoire immédiate est la capacité à garder l’information à l’esprit tout en l’utilisant pour compléter une tâche ou faire face à un défi. Cela aide les gens à garder leurs objectifs en tête, à résister aux distractions et à inhiber les choix impulsifs, de sorte qu’elle est essentiel à l’apprentissage et à la planification. Un constat établi par une recherche cohérente est que les indices (« cues ») liés à la dépendance entravent la mémoire immédiate, qui est fonction du cortex préfrontal.

Sexual Picture Processing Interferes with Decision-Making Under Ambiguity (2013) – L’étude a révélé que la visualisation d’images pornographiques entravait la prise de décision lors d’un test cognitif normalisé. Cela suggère que l’utilisation du porno pourrait affecter le fonctionnement de l’exécutif, qui est un ensemble de compétences mentales qui aident à atteindre les objectifs. Ces compétences sont contrôlées par une zone du cerveau appelée cortex préfrontal. « Decision-making performance was worse when sexual pictures were associated with disadvantageous card decks compared to performance when the sexual pictures were linked to the advantageous decks. Subjective sexual arousal moderated the relationship between task condition and decision-making performance. This study emphasized that sexual arousal interfered with decision-making, which may explain why some individuals experience negative consequences in the context of cybersex use. »

Arousal, working memory capacity, and sexual decision-making in men (2014) . Citation :

Cette étude a tenté de démontrer l’influence de la Capacité de Mémoire de Travail (« Working Memory Capacity ») sur la relation entre l’excitation physiologique et la prise de décisions dans les comportements sexuels (« décisions sexuelles »). Au total, 59 hommes ont visionné 20 images consensuelles et 20 images non consensuelles d’interactions hétérosexuelles. Leur excitation a été mesurée par évaluation de la réponse électrodermale (conductance cutanée). Les participants ont également rempli un questionnaire portant sur leur Capacité de Mémoire de Travail, et ont participé à un sondage sur leur perception du viol. Au cours de cette dernière enquête, les chercheurs ont demandé aux participants de préciser à quel moment un homme australien d’âge moyen devrait cesser toute forme d’avance sexuelle envers une femme lorsque cette dernière manifeste verbalement et/ou physiquement une résistance. Les participants qui ont passé plus de temps à regarder les images non consensuelles, et qui ont été davantage excités par ces dernières ont été significativement plus longs à réagir et à déclarer que l’australien devrait s’arrêter d’insister. Conformément à nos prédictions, la relation entre l’excitation physiologique et le moment choisi pour cesser les avances envers la femme était plus forte pour les participants ayant des niveaux inférieurs de Capacité de Mémoire de Travail. Pour les hommes qui disposaient d’une mémoire de travail élevée, l’excitation qu’ils ont ressentie lors du visionnage des images n’a pas eu d’effets sur leur jugement vis-à-vis du comportement de l’australien. Ainsi, les fonctions exécutives (et la CMT  particulièrement) révèlent jouer un rôle important dans la prise de décision des hommes en regard des comportements sexuel agressifs.

[Note d’INDIE : plus d’info sur la mémoire de travail en cliquant sur ce lien.]

« Early adolescent boys’ exposure to Internet pornography: Relationships to pubertal timing, sensation seeking, and academic performance »(2015) – Cette étude longitudinale rare (sur une période de six mois) suggère que l’usage de pornographie diminue les performances scolaires. Extrait:

« En outre, une utilisation accrue de la pornographie sur Internet a diminué la performance scolaire des garçons six mois plus tard. »

« Getting stuck with pornography? Overuse or neglect of cybersex cues in a multitasking situation is related to symptoms of cybersex addiction » (2015) – Les sujets ayant une tendance plus élevée à la dépendance au pornographie ont obtenu de moins bons résultats dans l’accomplissement des tâches liées au fonctionnement exécutif du cerveau (qui sont sous les auspices du cortex préfrontal). Quelques extraits:

« Nous avons tenté de déterminer si une tendance à la dépendance au cybersexe est associée à des problèmes lors de l’exercice du contrôle cognitif lors d’une situation multitâche qui implique des images pornographiques. Nous avons utilisé un paradigme multitâche dans lequel les participants avaient l’objectif explicite de travailler de façon égale sur du matériel neutre et pornographique. Nous avons découvert que les personnes qui avaient préalablement déclaré avoir une tendance à la dépendance au cybersexe se sont éloignées fortement de l’objectif. »

Le bon fonctionnement, le contrôle des fonctions exécutives du cerveau, c’est-à-dire des fonctions médiatisées par le cortex pré-frontal jouent un rôle dans le développement et le maintien des problématiques de dépendance au cybersexe (comme l’ont suggéré Brand et al.).

« Problematic sexual behavior in young adults: Associations across clinical, behavioral, and neurocognitive variables »(2016)

Les individus ayant des comportements sexuels problématiques (CSP) affichent des sérieux déficits neuro-cognitifs. Ces résultats indiquent un un fonctionnement exécutif appauvri (hypofrontalité), ce qui est une caractéristique-clé typique observable sur le cerveau des toxicomanes.. Quelques extraits:

« A partir de là, il est possible de faire le lien entre les problèmes évidents que posent le CSP, et d’autres caractéristiques cliniques, comme la dérégulation des émotions, des déficits cognitifs particuliers… Si les troubles cognitifs identifiés au cours de cette étude se révèlent être le coeur même de la problématique du CSP, alors cela peut induire d’autres implications cliniques. »

« EFFECTS OF PORNOGRAPHY ON SENIOR HIGH SCHOOL STUDENTS »(2016)

Cette étude a révélé que la majorité des étudiants a admis avoir consommer de la pornographie auparavant. En outre, la majorité d’entre eux ont reconnu que la pornographie affectait négativement leurs performances scolaires.

« Executive Functioning of Sexually Compulsive and Non-Sexually Compulsive Men Before and After Watching an Erotic Video »(2017)

 

[Note d’INDIE : Plus d’infos sur la perturbation des fonctions exécutives lors des addictions ici : http://www.congresfrancaispsychiatrie.org/troubles-cognitifs-dans-les-addictions-frequents-ils-justifient-une-remediation-cognitive/]

 

 

Une réflexion sur “Des Etudes Révèlent des Liens entre la Consommation de porno et de Sévères Troubles Cognitifs et Emotionnels

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