Le « X Rouge »

Traduction (proposée par INDIE – administrateur des sites PornoScienceSante, LaVeritesurlePorno.unblog.fr, et du forum de laveritesurleporno) d’une partie de l’article (consacrée spécifiquement à la technique du X Rouge) « Additional Techniques for Dealing with Flashbacks and Cravings » – publié le 18/12/2010 par Marnia Robison sur le site YourBrainOnPorn

Transcender des désirs physiques peut être fait par grâce à une technique qui consiste à éliminer l’image avant qu’elle ne se forme et qu’elle n’attire l’énergie. Empêcher l’image ou le fantasme de prendre de l’ampleur permettra de s’épargner beaucoup d’ennuis, beaucoup de douleur et de lutte inutiles. Voici une description du processus du Dr David R. Hawkins. Imaginez que vous annuler l’image dès qu’elle apparaît en la remplaçant par un gros X rouge (cela provient d’un dvd intitulé : « What is Real ? »). Comment transcender tout désir de nature physique. Comment surmonter une envie forte (craving). 

« Un craving arrive d’abord dans votre esprit en tant qu’image. Si vous observez attentivement cela, vous verrez que tout désir apparaît d’abord sous la forme d’une image, qu’il s’agisse d’un cheeseburger, d’un hamburger, d’un corps nu, peu importe, ou si vous êtes un alcoolique, d’une boisson. D’abord vient l’image de la boisson. Vous l’éliminez instantanément (imaginez le grand X rouge sur l’image [et « entendez » un fort gong ou buzzer dans votre esprit]). L’image puise de l’énergie, et lorsqu’elle apparaît pour la première fois, elle ne mesure que 5 watts. Si vous ne l’exterminez pas dans la première seconde, elle est d’environ 150 watts, puis de 600 watts, et ensuite c’est un « il me faut ma dose ». Vous pouvez interrompre la progression en interrompant l’image. Très bien. Donc même si vous regardez quelque chose, comme un cheeseburger, ou quoi que ce soit, ce n’est pas seulement un cheeseburger. C’est instantanément l’image d’un cheeseburger qui fait irruption dans votre esprit, et qui déclenche l’envie/craving. Par conséquent, vous devez être très rapide et voir l’objet de l’envie apparaître dans votre conscience, puis faire un choix pour l’éliminer maintenant. Je dis toujours aux alcooliques qu’ils ont environ une ou deux secondes pour éliminer cette image de boisson. Dans le livre des AA, ça parle d’un gars, sobre depuis 14 ans, ou 11 ans ou dans ces eaux-là, et, qui marchait dans un hôtel lorsque l’image d’un martini lui est venue à l’esprit, et inconsciemment il marcha vers le bar et après 13-14 années de sobriété, il a rechuté et s’est saoulé. Donc, dans cette « une » seconde, comme vous le verrez dans le livre des AA, là où les premiers membres racontent leurs expériences, que, de nulle part est soudainement apparue cette image du martini, et qu’en fait, c’est précisément là qu’il a eu sa chance. Etant donné qu’il n’a pas éliminé l’image du martini au bon moment, il a automatiquement marché jusqu’au bar et a perdu 14 ans de sobriété. Il n’a pas consciemment choisi; il n’avait tout simplement pas la technique de la conscience, la technique spirituelle (pour savoir comment éliminer l’image). Ces gars-là l’ont aussi essayé : »

  • « J’ai complètement cessé de fantasmer sur le porno il y a environ quatre semaines. J’ai une technique qui fonctionne bien pour moi. Chaque fois qu’un « flashback » porno entre dans mon esprit, je visualise un grand X rouge entré dans mon champs de vision. Après cela, je pense à la sirène d’une ambulance rouge avec un bruit fort.

    Si l’image porno persiste, j’explose l’image dans ma tête, en visualisant vraiment une grosse explosion. Cela a jusqu’ici éliminé toute poussée de dopamine dans mon cerveau liée à la pornographie. La clé est d’être rapide et je crois que la technique devient de plus en plus automatique avec le temps. »

  • « Mon gros X rouge est un tampon et fait le son « Ehh Eh! » – le son quand une mauvaise réponse a été donnée sur l’émission « Family Fortunes ». »
  • « Mon erreur était que lorsque des scènes pornographiques ou des images de filles nues surgissaient dans ma tête je me laissais divertir par elles avant d’essayer de m’en débarrasser. J’ai lu quelque chose hier qui disait que ces « pop ups » mentaux sont comme des ampoules électriques. Ceux qui durent une seconde sont de 5 watts, 2 secondes sont de 60 watts, et trois secondes sont de 600 watts. En d’autres termes, plus les fantasmes s’éteignent rapidement, plus il est facile d’y résister. Donc, j’ai utilisé la méthode du « X rouge » aujourd’hui. Dès qu’une image apparaît, je lance le X rouge avec un fond noir dessus et le bloque. Cela devient de plus en plus automatique, et je me sens nettement mieux émotionnellement quand je ne me laisse pas divertir par ces trucs. »
  • « J’ai dû modifier la technique. À chaque fois que j’essayais d’utiliser le X rouge, l’image qui se cache derrière le X perçait toujours. Maintenant, je concentre toute mon énergie à « construire » ce X rouge dans ma tête. J’imagine de quelle couleur il s’agit. J’examine attentivement l’ombre. Est-ce rouge foncé, magenta, rouge sang? Je l’imagine avec une certaine profondeur. Ça a l’air solide. Il a des côtés et un fond. Comme je pense à toutes ces choses, je suis tellement impliqué dans le processus de visualisation que les fantasmes du PMO disparaissent tout simplement. Il devient plus facile d’appeler le «X» rouge quand j’en ai besoin. »
  • « Mon X rouge a un fond noir, de sorte qu’aucune image ne peut passer à travers! Ça a l’air idiot, mais ça marche. Le mien ressemble au « X » géant de l’écran de titre du jeu vidéo « Xenogears » avec lequel je suis très familier (essayez une recherche d’image google pour le voir). Je ne l’avais pas envisagé de cette façon au début, mais c’est juste ce X qui est apparu dans mon esprit! Haha. Egalement, je trouve que ça aide de s’entraîner à visualiser le X rouge aussi pendant les moments où on ressent pas de cravings. Ca rend la technique plus efficace. Aussi, mon X rouge inclut même le son d’une grande porte métallique qui claque! Ca fait vraiment un déclic dans mon esprit qui revient alors à la réalité. Vous pourrez bien sûr ajouter vos propres «améliorations», celles qui vous conviennent le mieux. »

 

Pourquoi est-ce qu’une Consommation par Intermittence (longues abstinences/frénésies) Représente un Risque d’Addiction ?

Traduction (par INDIE – administrateur des sites PornoScienceSanté , LaVéritésurlePorno et du forum de laveritesurleporno) de l’article « Why is intermittent use (long abstinence with binges) an addiction risk? » publiée le 11/09/17 par yourbrainonporn

La consommation très fréquente de pornographie sur Internet comporte des risques que de nombreux consommateurs connaissent bien et expérimentent aujourd’hui. Ceux-ci incluent l’escalade vers des matériaux plus extrêmes, une plus faible satisfaction sexuelle et relationnelle, la dépendance, et / ou la perte progressive d’attirance pour les partenaires réels (ainsi que l’anorgasmie et les érections peu fiables).

Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que la consommation intermittente (par exemple, 2 heures de consommation frénétique  de pornographie suivies de quelques semaines d’abstinence avant une autre séance de pornographie) présente un risque substantiel de dépendance. Les raisons sont biologiques et il existe un ensemble de recherches sur l’addiction et sur la « consommation intermittente » chez les animaux et les humains identifiant les événements cérébraux responsables.

Par exemple, les études sur la drogue et la malbouffe révèlent que la consommation intermittente peut conduire plus rapidement à des changements changements cérébraux liés à la dépendance. (que l’utilisateur glisse ou non dans une dépendance totale). Le changement cérébral primaire est la « sensibilisation » qui inonde le centre de récompense du cerveau avec des signaux qui rendent difficile d’ignorer les « cravings » (envies fortes de consommer). Avec la sensibilisation, les circuits cérébraux impliqués dans la motivation et la recherche de récompenses deviennent hyper-sensibles aux souvenirs/mémoires (« memories »)* ou indices (« cues ») liés au comportement addictif.

[Note d’INDIE : voici un texte pour mieux comprendre les « mémoires » en addiction :

  • Citation issue de la page 16 (chapitre 5.1) du pdf « neurosciences de l’addiction » par COROMA (Collège Roman de Médecine de l’Addiction) : « l’état addictif se traduit non seulement par l’importance accordée à la substance, mais également par l’ancrage en mémoire des « indices » qui lui sont associés. Le parc dans lequel s’effectuait l’achat de la substance, le visage d’une personne rappelant la consommation, une seringue entrevue chez le médecin, etc. Ces indices s’ancrent tellement profondément en mémoire qu’ils pourront à eux seuls déclencher la recherche de substance et la consommation. »

Retrouvez le document pdf complet icihttps://www.stop-tabak.ch/de/images/stories/documents_stop_tabac/neurosciences_addictions.pdf

Voici un texte pour mieux comprendre ce que sont les « indices » (« cues ») :

les indices » (« cues » en anglais), désignent les éléments que le cerveau mémorise et associe comme étant en lien avec une « session » de consommation d’une drogue. Par exemple, dans le cas de la dépendance au porno, le fait de voir une jolie femme dans la rue, de voir une publicité un peu sexy, ou un certain moment de la journée devant son ordinateur peuvent être associés par le cerveau comme des « indices »qui renforcent la tentation (« wanting ») ou des envies fortes (« cravings ») de retourner voir du porno lorsque nous sommes exposés à ces « indices ». ]

Retour à l’article :

Ce conditionnement pavlovien profond entraîne une augmentation du «désir» ou de l’envie. Des « indices », comme allumer l’ordinateur, voir une fenêtre pop-up, ou être seul, déclenchent des envies intenses/cravings pour le porno. (Les études rapportent une « sensibilisation » ou une « réactivité aux indices » (« cue-reactivity ») chez les consommateurs de pornographie : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18)

Encore plus remarquable : les périodes d’abstinence (2-4 semaines) conduisent à des changements neuroplastiques qui ne se produisent pas chez un utilisateur qui ne prend pas de telles pauses. Ces altérations du cerveau augmentent les cravings utilisées en réponse aux déclencheurs (« triggers »). En outre, le système de stress de sorte que même un stress mineur peut causer des cravings/envies fortes de consommer.

La consommation intermittente (en particulier lorsqu’elle est frénétique) peut également produire de de graves symptômes de sevrage, tels que la léthargie, la dépression et les « cravings/envies fortes ». En d’autres termes, quand quelqu’un consomme après une période alternant abstinence et frénésie, cela peut affecter le consommateur davantage – peut-être à cause de l’intensité accrue de l’expérience.

Sur la base de cette recherche, les scientifiques ont conclu que la consommation quotidienne de la cocaïne, de l’alcooldes cigarettes ou de la malbouffe (« junkfood ») n’est pas nécessaire pour générer des changements cérébraux liés à la dépendance. UNE FRENESIE PAR INTERMITTENCE PEUT AVOIR LES MÊMES EFFETS qu’une consommation continue, et dans certains cas, provoquer même plus d’effets.

Entre les consommateurs religieux et non religieux, lequel est le plus susceptible de comporter des consommateurs intermittents ? Étant donné la recherche montrant que les personnes religieuses consommatrices de porno préfèrent ne pas utiliser de pornographie, il y a probablement plus de religieux que de consommateurs laïcs coincés dans un cycle de frénésies-abstinences. Autrement dit, les consommateurs religieux auraient tendance à être des consommateurs intermittents. Les consommateurs non religieux signalent généralement qu’ils prennent rarement des pauses de plus de quelques jours [jours passés sans masturbation, mais SANS porno quoiqu’il arrive] – à moins qu’ils ne deviennent eux-mêmes des consommateurs intermittents lors de leur tentative d’arrêter leur utilisation de pornographie.

En bref, la masturbation occasionnelle sans pornographie (sans frénésie) est moins un risque de dépendance que le schéma abstinence-frénésie décrit dans cette page. Faites donc attention à ne pas tomber dans ce modèle car il peut rendre votre consommation de porno plus compulsive.

Si vous avez un craving, essayez quelques-unes de ces idées :

[les méthodes pour gérer les cravings sont en cours de traduction. Gary Wilson en propose 3 en bas de cette page. D’autres, plus complexes, sont en cours de traduction. Vous trouverez également un lien vers une méthode de méditation relaxante et excellente pour diminuer l’anxiété, les tensions physiques et psychologiques, ainsi que pour calmer l’esprit agité – source de stress et de compulsivité]

[vous pouvez donc utiliser un ou plusieurs des exercices de méditation relaxante proposés sur la rubrique « Faire Face aux Cravings »]

Retour à l’article :

Si vous ressentez des pulsions, des cravings, essayez quelques unes de ces idées :

La Pratique de la Circulation de l’Energie

Le « X Rouge »

 

  • Uriner peut réduire les pulsions.
  • Relâchez votre souffle lentement, et en même temps, contractez vos fesses / vos ischio-jambiers aussi fort que vous le pouvez afin que vous sentiez comme si vous vous souleviez, et restez comme ça jusqu’à ce que vous ne puissiez plus tenir la position, et relâchez lentement.
  • Retenez votre souffle pendant 30 secondes.

 

Des Outils pour Changer : Guérir de l’Addiction au Porno

Traduction proposée par INDIE – administrateur des sites PornoScienceSante , laveritesurleporno , et du forum laveritesurleporno.vraiforum.com de l’article « Tools for Change : Recovery from Porn Addiction » publié par le site yourbainonporn le 28/11/2010

[Article en cours de traduction, n’hésitez pas à revenir chaque semaine pour obtenir plus d’informations.]

Pour beaucoup, sortir d’une dépendance au porno implique de changer plusieurs aspects de leur vie. La volonté et le «blanc» sont rarement suffisants pour se remettre de cette dépendance. Bien que nous n’ayons pas de «programme de récupération» à YBOP, cette section contient des suggestions et des outils utilisés par ceux qui ont réussi à « rebooter ». Une collection des meilleurs « conseils de rebooting » est disponible ici – (« Observations et Conseils pour le Reboot : de la part d’Anciens « Rebooters »).

Les liens au bas de la page contiennent de nombreux sous-liens. Consultez également l’onglet support pour connaître les sites et les thérapeutes qui ont des programmes de récupération.

1) Accédez à une compréhension claire de la façon dont le porno a affecté votre cerveau et pourquoi vous avez besoin de reprogrammer/recâbler votre cerveau ainsi que de ramener votre circuit de récompense à un niveau de sensibilité normale.

Avec une compréhension claire de la façon dont vous êtes devenu accro, ce qui s’est passé dans votre cerveau, et comment la guérison progresse, vous êtes mieux préparé à construire votre propre chemin vers le rétablissement.

– Si vous ne l’avez pas déjà fait, regardez s’il-vous-plaît « « Votre Cerveau face au Porno : L’addiction au porno »* et «« Le Cerveau des Ados face au Porno sur Internet Haut Débit » ».

*Cette vidéo est longue et non traduite. Vous pouvez donc regardez celle-ci : « La Grande Etude sur le Porno (Great Porn Experiment)

– Si vous avez une dysfonction érectile provoquée par le porno, regardez :  « Le Porno Induit la Dysfonction Erectile », et consultez cette FAQ – « Ma Dysfonction érectile est-elle induite par le porno ? » 

– Pour comprendre clairement comment la pornographie Internet d’aujourd’hui diffère du sexe ou du porno du passé, lisez les articles suivants dans l’ordre: « Porno, Nouveauté et Effet Coolidge »« Porn Then and Now : Welcome to Brain Training », et « Pourquoi Johnny ne devrait-il pas regarder de porno s’il aime ça ? »

 

Des Etudes Révèlent des Liens entre la Consommation de porno et de Sévères Troubles Cognitifs et Emotionnels

Traduction de l’article publié le 30/07/2014 sur le site yourbrainonporn« Studies linking porn use to poorer mental-emotional health § poorer cognitive outcomes » 

 

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Trading Later Rewards for Current Pleasure: Pornography Consumption and Delay Discounting (2015)  

[Note d’INDIE : le « delay discounting » c’est quand une personne préfère prendre 10 euros TOUT DE SUITE plutôt que 20 euros la semaine prochaine. C’est l’incapacité à retarder une gratification immédiate en vue d’obtenir une meilleure récompense dans le futur.]

Plus les participants consommaient de pornographie, moins ils pouvaient retarder la satisfaction. Cette étude unique a également eu dans un de ces groupes-contrôle des consommateurs de porno ayant réduit leurs consommation pendant 3 semaines. L’étude a révélé que l’utilisation continue de pornographie était liée à une plus grande incapacité à retarder la gratification (notez que la capacité de retarder la gratification est une fonction du cortex préfrontal).

[Note d’INDIE : rappelez-vous que l’hypofrontalité, liée à la toxicomanie, a été identifiée par l’ensemble des études menées sur les cerveaux des pornodépendants : lire l’article « Etudes sur le Cerveau des Consommateurs de Pornographie »]

Extrait de la première étude (âge moyen des participants = 20 ans), qui a permis de mettre en relation l’utilisation de la pornographie avec les scores obtenus lors d’une tâche de « gratification différée »*:

[*la tâche de gratification différée permet d’évaluer la capacité d’un individu à résister à une récompense, à une gratification immédiate, et donc, d’évaluer son « delay discouting ». La plus connue de ces tâches est l’expérience du « test du Marshmallow », que vous retrouverez en résumé sur le lien suivant  (et qui fournit également une bonne explication de ce que sont les fonction exécutives humaines) : http://www.fondation-lamap.org/fr/page/25343/les-fonctions-executives-des-fonctions-necessaires-pour-lexecution-des-taches-complexes]

« Plus les participants consommaient de la pornographie, plus ils ont perçu les récompenses futures comme ayant moins de valeur que les récompenses immédiates, même si les récompenses futures valaient objectivement davantage ».

Autrement dit, la quantité de porno consommée est en corrélation avec une moindre capacité à retarder la satisfaction pour de plus amples récompenses futures. Dans la deuxième partie de cette étude, les chercheurs ont évalué à nouveau le « delay discounting » des sujets 4 semaines plus tard et ont observé le lien entre les résultats obtenus et la consommation de pornographie.

« Les résultats indiquent que l’exposition continue à la satisfaction immédiate de la pornographie est associée à une augmentation du delay discounting dans le temps ».

[Note d’Indie : EN GROS :  non seulement l’exposition à la pornographie augmente l’incapacité du consommateur à refuser la récompense immédiate  – qu’il refuserait pourtant au profit d’une gratification future objectivement plus avantageuse – mais en plus elle prolonge ce phénomène dans le temps].

Une deuxième étude (âge moyen = 19 ans) a été réalisée pour évaluer dans quelle mesure la consommation de pornographie entraîne une augmentation du « delay discounting ». Les chercheurs ont divisé les utilisateurs actuels de porno en deux groupes : le 1er groupe s’est abstenu de consommation de pornographie pendant 3 semaines, le 2ème groupe s’est abstenu de sa nourriture préférée pendant 3 semaines. Tous les participants ont été informés que l’étude portait sur la maîtrise de soi, et ils ont été choisis au hasard pour s’abstenir de leur activité assignée.

Les chercheurs ont eu l’intelligence de demander au 2ème groupe de consommateurs de porno de s’abstenir de manger leur nourriture préférée. Cela était une façon de s’assurer que : 1) tous les sujets des 2 groupes étaient ainsi engagés dans une tâche mettant la maîtrise de soi à l’épreuve, et 2) la consommation de porno du 2ème groupe n’a pas été modifiée [ce qui augmente nettement la fiabilité de l’étude]. À la fin des 3 semaines, les participants ont été soumis à une évaluation de leur « delay discounting ».

Note importante: Alors que le « groupe d’abstinents au porno » (1er groupe) ont consommé beaucoup moins de pornographie que ceux qui avaient pour mission de s’abstenir de leur nourriture préférée (le 2ème groupe donc), la plupart n’ont pas réussi à s’abstenir complètement de regarder de la pornographie. Les résultats:

« Comme prévu, les participants qui ont exercé une maîtrise sur leur volonté de consommer de la pornographie ont choisi un nombre plus élevé de récompenses plus grandes et plus tardives [récompenses futures plus avantageuses donc] que les participants qui ont exercé une maîtrise de leur consommation alimentaire mais qui ont continué à consommer de la pornographie à leur rythme habituel ».

Le groupe qui a réduit sa consommation de porno pendant 3 semaines a affiché moins de « delay discounting » que le groupe qui s’est simplement abstenu de sa nourriture préférée. En résumé, l’abstention de porno sur Internet augmente la capacité des utilisateurs porno à retarder la satisfaction. Autre citation :

« Ainsi, en s’appuyant sur les résultats longitudinaux de l’étude 1, nous avons démontré que la consommation continue de pornographie était liée à un « delay discounting » plus élevé. L’exercice de la maîtrise de soi dans le domaine sexuel a eu un effet plus important sur la réduction du « delay discounting » que l’exercice de la maîtrise de soi sur un autre appétit en lien avec la récompense physique (par exemple et en l’occurrence : manger sa nourriture préférée). »

Ce qu’il faut retenir en gros : – Ce n’était pas le fait de s’exercer à la maîtrise de soi qui augmentait la capacité à retarder la gratification. C’est la réduction de la consommation de porno qui a été le facteur clé. – Le Porno sur Internet est un stimulus unique. – Le visionnage de porno sur Internet, même chez les non-toxicomanes, a des effets à long terme.  

How Abstinence Affects Preferences (2016) (résultats préliminaires) Extraits de l’article:

Résultats de la première vague – Les principaux constats :  

« La durée des périodes d’abstinences réussies par les participants est en corrélation avec leurs préférences temporelles. Un second sondage nous permettra de savoir si des périodes plus longues d’abstinence rendent les participants plus susceptibles de réussir à retarder les récompenses, ou si davantage de patients participants sont capables de réaliser des périodes d’abstinences plus longues. Des périodes plus longues d’abstinence entraînent très probablement une diminution de l’aversion au risque (ce qui est bon). La deuxième enquête fournira la preuve finale. La personnalité est en corrélation avec la durée des abstinences. La deuxième vague révélera si l’abstinence influence la personnalité ou si la personnalité peut expliquer la variation de la longueur des abstinences. »

Résultats de la deuxième vague – Principales constatations

« S’abstenir de la pornographie et de la masturbation augmente la capacité de retarder les récompenses Vivre une période d’abstinence rend les gens plus disposés à prendre des risques. L’abstinence rend les gens plus altruistes. L’abstinence rend les gens plus extravertis, plus consciencieux et moins névrosés.  « 

Is students’ computer use at home related to their mathematical performance at school? (2008). Citation :

« En outre, les capacités cognitives des élèves ont été positivement liées à leur réussite en mathématiques. Enfin, regarder la télévision a eu un impact négatif sur la performance des étudiants. En particulier, regarder des films d’horreur, d’action ou pornographiques était associé à des scores plus faibles.  « 

Self-reported differences on measures of executive function and hypersexual behavior in a patient and community sample of men (2010) – Le «comportement hypersexuel» était corrélé avec une fonction exécutive plus faible (qui provient principalement du cortex préfrontal). Un extrait:

« Les patients qui cherchent de l’aide pour leur comportement hypersexuel présentent souvent des caractéristiques d’impulsivité, de rigidité cognitive, de mauvais jugement, de déficit de régulation de l’émotion et de préoccupation excessive pour le sexe. Certaines de ces caractéristiques sont également fréquentes chez les patients présentant une pathologie neurologique associée à un dysfonctionnement exécutif. Ces observations ont conduit à l’étude actuelle des différences entre un groupe de patients hypersexués (n = 87) et un échantillon de communauté non hypersexuée (n = 92) d’hommes en utilisant le BRIEF-A (Behavior Rating Inventory of Executive Function-Adult Version) : Le comportement hypersexuel a été corrélé positivement avec les indices globaux de dysfonctionnement exécutif et plusieurs sous-échelles du BRIEF-A. Ces résultats fournissent des preuves préliminaires soutenant l’hypothèse selon laquelle le dysfonctionnement de l’exécutif pourrait être impliqué dans un comportement hypersexterne. »

Pornographic picture processing interferes with working memory performance (2013)– Des scientifiques découvrent que l’érotisme sur Internet peut diminuer la mémoire immédiate. Dans cette expérience d’imagerie porno, 28 personnes en bonne santé ont du effectuer un travail de mémoire immédiate en s’exposant à 4 différentes séries d’images, dont l’une était à caractère pornographique. Les participants ont également du évaluer les images pornographiques en fonction de la différence ressentie en terme d’excitation sexuelle, et d’envie de se masturber, entre l’avant et l’après avoir vu la photo pornographique. Les résultats ont montré que la mémoire immédiate chutait lors de la visualisation des images pornographiques, et que l’excitation sexuelle augmentait cette chute. Un extrait:

« Les résultats soutiennent l’idée que les indicateurs d’excitation sexuelle due au traitement de l’image pornographique interfèrent avec la performance de la mémoire immédiate. Les constatations sont discutées en ce qui concerne la dépendance sexuelle à Internet, car les interférences des indices liés à la dépendance sur la mémoire immédiate sont bien connues dans les dépendances de substances. »

La mémoire immédiate est la capacité à garder l’information à l’esprit tout en l’utilisant pour compléter une tâche ou faire face à un défi. Cela aide les gens à garder leurs objectifs en tête, à résister aux distractions et à inhiber les choix impulsifs, de sorte qu’elle est essentiel à l’apprentissage et à la planification. Un constat établi par une recherche cohérente est que les indices (« cues ») liés à la dépendance entravent la mémoire immédiate, qui est fonction du cortex préfrontal.

Sexual Picture Processing Interferes with Decision-Making Under Ambiguity (2013) – L’étude a révélé que la visualisation d’images pornographiques entravait la prise de décision lors d’un test cognitif normalisé. Cela suggère que l’utilisation du porno pourrait affecter le fonctionnement de l’exécutif, qui est un ensemble de compétences mentales qui aident à atteindre les objectifs. Ces compétences sont contrôlées par une zone du cerveau appelée cortex préfrontal. « Decision-making performance was worse when sexual pictures were associated with disadvantageous card decks compared to performance when the sexual pictures were linked to the advantageous decks. Subjective sexual arousal moderated the relationship between task condition and decision-making performance. This study emphasized that sexual arousal interfered with decision-making, which may explain why some individuals experience negative consequences in the context of cybersex use. »

Arousal, working memory capacity, and sexual decision-making in men (2014) . Citation :

Cette étude a tenté de démontrer l’influence de la Capacité de Mémoire de Travail (« Working Memory Capacity ») sur la relation entre l’excitation physiologique et la prise de décisions dans les comportements sexuels (« décisions sexuelles »). Au total, 59 hommes ont visionné 20 images consensuelles et 20 images non consensuelles d’interactions hétérosexuelles. Leur excitation a été mesurée par évaluation de la réponse électrodermale (conductance cutanée). Les participants ont également rempli un questionnaire portant sur leur Capacité de Mémoire de Travail, et ont participé à un sondage sur leur perception du viol. Au cours de cette dernière enquête, les chercheurs ont demandé aux participants de préciser à quel moment un homme australien d’âge moyen devrait cesser toute forme d’avance sexuelle envers une femme lorsque cette dernière manifeste verbalement et/ou physiquement une résistance. Les participants qui ont passé plus de temps à regarder les images non consensuelles, et qui ont été davantage excités par ces dernières ont été significativement plus longs à réagir et à déclarer que l’australien devrait s’arrêter d’insister. Conformément à nos prédictions, la relation entre l’excitation physiologique et le moment choisi pour cesser les avances envers la femme était plus forte pour les participants ayant des niveaux inférieurs de Capacité de Mémoire de Travail. Pour les hommes qui disposaient d’une mémoire de travail élevée, l’excitation qu’ils ont ressentie lors du visionnage des images n’a pas eu d’effets sur leur jugement vis-à-vis du comportement de l’australien. Ainsi, les fonctions exécutives (et la CMT  particulièrement) révèlent jouer un rôle important dans la prise de décision des hommes en regard des comportements sexuel agressifs.

[Note d’INDIE : plus d’info sur la mémoire de travail en cliquant sur ce lien.]

« Early adolescent boys’ exposure to Internet pornography: Relationships to pubertal timing, sensation seeking, and academic performance »(2015) – Cette étude longitudinale rare (sur une période de six mois) suggère que l’usage de pornographie diminue les performances scolaires. Extrait:

« En outre, une utilisation accrue de la pornographie sur Internet a diminué la performance scolaire des garçons six mois plus tard. »

« Getting stuck with pornography? Overuse or neglect of cybersex cues in a multitasking situation is related to symptoms of cybersex addiction » (2015) – Les sujets ayant une tendance plus élevée à la dépendance au pornographie ont obtenu de moins bons résultats dans l’accomplissement des tâches liées au fonctionnement exécutif du cerveau (qui sont sous les auspices du cortex préfrontal). Quelques extraits:

« Nous avons tenté de déterminer si une tendance à la dépendance au cybersexe est associée à des problèmes lors de l’exercice du contrôle cognitif lors d’une situation multitâche qui implique des images pornographiques. Nous avons utilisé un paradigme multitâche dans lequel les participants avaient l’objectif explicite de travailler de façon égale sur du matériel neutre et pornographique. Nous avons découvert que les personnes qui avaient préalablement déclaré avoir une tendance à la dépendance au cybersexe se sont éloignées fortement de l’objectif. »

Le bon fonctionnement, le contrôle des fonctions exécutives du cerveau, c’est-à-dire des fonctions médiatisées par le cortex pré-frontal jouent un rôle dans le développement et le maintien des problématiques de dépendance au cybersexe (comme l’ont suggéré Brand et al.).

« Problematic sexual behavior in young adults: Associations across clinical, behavioral, and neurocognitive variables »(2016)

Les individus ayant des comportements sexuels problématiques (CSP) affichent des sérieux déficits neuro-cognitifs. Ces résultats indiquent un un fonctionnement exécutif appauvri (hypofrontalité), ce qui est une caractéristique-clé typique observable sur le cerveau des toxicomanes.. Quelques extraits:

« A partir de là, il est possible de faire le lien entre les problèmes évidents que posent le CSP, et d’autres caractéristiques cliniques, comme la dérégulation des émotions, des déficits cognitifs particuliers… Si les troubles cognitifs identifiés au cours de cette étude se révèlent être le coeur même de la problématique du CSP, alors cela peut induire d’autres implications cliniques. »

« EFFECTS OF PORNOGRAPHY ON SENIOR HIGH SCHOOL STUDENTS »(2016)

Cette étude a révélé que la majorité des étudiants a admis avoir consommer de la pornographie auparavant. En outre, la majorité d’entre eux ont reconnu que la pornographie affectait négativement leurs performances scolaires.

« Executive Functioning of Sexually Compulsive and Non-Sexually Compulsive Men Before and After Watching an Erotic Video »(2017)

 

[Note d’INDIE : Plus d’infos sur la perturbation des fonctions exécutives lors des addictions ici : http://www.congresfrancaispsychiatrie.org/troubles-cognitifs-dans-les-addictions-frequents-ils-justifient-une-remediation-cognitive/]