Structure du Cerveau et Connectivité Fonctionnelle

Traduction par INDIE – administrateur des sites laveritesurleporno.unblog.fr et pornosciencesante.blog – de l’article anglophone Brain Structure and Functional Connectivity Associated With Pornography Consumption: The Brain on Porn (2014), publié par le site yourbrainonporn.com)

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Cette étude publiée dans le JAMA Psychiatry(mai 2014), était la première étude sur le cerveau des utilisateurs de porno. Les chercheurs ont constaté plusieurs changements dans le cerveau, et ces changements étaient en lien direct avec la quantité de porno consommée. Les sujets étaient des utilisateurs modérés de porno, non classés comme toxicomanes. Dans cette étude, les experts de l’Institut allemand Max Planck ont trouvé :

1) Plus le nombre d’heures hebdomadaires passées devant du porno est élevé et/ou plus la consommation est s’étale au fil des années,plus une réduction de la matière grise dans les sections du circuit de récompense (striatum, voir l’illustration ci-dessous) impliqué dans la motivation et la prise de décision a été observée. La réduction de la matière grise dans cette région liée à la récompense signifie moins de connexions nerveuses. Moins de connexions nerveuses ici se traduit par une activité de récompense léthargique, ou une réponse de plaisir engourdie, souvent appelée « désensibilisation ». Les chercheurs ont interprété cela comme une indication révélatrices des effets potentiellement nocifs à long terme sur les cerveaux d’utilisateurs exposés à la pornographie. La directrice de cette étude a déclaré :

« Cela peut signifier que la consommation régulère de porno épuise le Centre de Récompense »

 

striatum

(Image de la région « Striatum » du cerveau humain)

2) Les connexions nerveuses entre le circuit de récompense et le cortex préfrontal ont empiré en corrélation avec l’augmentation de la consommation de pornographie. Comme l’explique l’étude, « La dysfonction de ce circuit a été liée à des choix comportementaux inappropriés, tels que la recherche de médicaments, quel que soit le résultat négatif potentiel ».

Bref, cela témoigne d’un lien évident entre l’utilisation du porno et l’altération de la capacité de l’individu à contrôler ses impulsions. Cela peut indiquer une hypofrontalité.

3) Plus la consommation de porno est importante, moins l’activation de la récompense a eu lieu lorsque les images sexuelles sont sur l’écran. Une explication possible est que les utilisateurs « lourds » de pornographie ont finalement besoin de plus de stimulation pour déclencher leurs circuits de récompense. La désensibilisation, menant à la tolérance, est courante dans toutes sortes de dépendances. A déclaré l’étude :

« Ceci est conforme à l’hypothèse selon laquelle l’exposition intense aux stimuli pornographiques entraîne une régulation négative de la réponse neuronale naturelle aux stimuli sexuels ».

Simone Kühn a continué:

« Nous supposons que les sujets avec une forte consommation porno ont besoin d’une stimulation croissante pour recevoir le même montant de récompense ».

Kühn dit que la littérature psychologique et scientifique existante suggère que les consommateurs de pornographie seront amenés à chercher du matériel nouveau et plus extrême.

« Cela correspond parfaitement à l’hypothèse selon laquelle leurs systèmes de récompense nécessitent une stimulation croissante ».

Les résultats ci-dessus démontent les deux principaux arguments avancés par les adeptes de la dépendance au porno.

1 – La dépendance au porno est simplement «désir sexuel élevé». Réalité: les plus gros consommateurs de porno sont ceux qui ont sont les moins stimulés par les images sexuelles. Ce n’est donc pas du tout un «désir sexuel» élevé.

2 – La consommation compulsive de porno arrive aux individus uniquement par l’habitude ou parce-que ces personnes s’ennuient. Bien que cela soit vrai, l’habitude est souvent définie comme un effet « fugitif » n’impliquant pas d’altérations mesurables dans le cerveau. Hors, ici, les scanners révèlent que plus la consommation de porno augmente, plus le cerveau est affecté, et ce, même pour les personnes consommant de façon modérée.

Pour résumer:

Il y a bien une corrélation entre le fait d’augmenter sa consommation de porno, et la réduction de matière grise et de la diminution de l’activité de récompense (dans le striatum dorsal) lors de la visualisation d’images sexuelles. L’augmentation du visionnage de porno a également été corrélée avec l’affaiblissements des connexions cérébrales au sein de notre centre de volonté : le cortex frontal.

 

MISE À JOUR: mai 2016. Kuhn & Gallinat a publié cette critique – Neurobiological Basis of Hypersexuality (2016). Dans l’étude, Kuhn & Gallinat décrivent leur étude 2014 sur l’IRMF:

« Dans une étude récente de notre groupe, nous avons recruté des participants masculins en bonne santé et avons associé leurs heures autodéclarées consacrées au matériel pornographique avec leur réponse à l’IRMF lors de leur exposition à des images sexuelles ainsi qu’à leur morphologie cérébrale (Kuhn & Gallinat, 2014). Plus le nombre d’heures passées devant de la pornographie pour les participants, plus la réponse BOLD est petite dans le putamen gauche en réponse aux images sexuelles. De plus, nous avons constaté que plus d’heures passées à regarder la pornographie étaient associées à un volume de matière grise plus petit dans le striatum, plus précisément dans le caudat droit atteignant le putamen ventral. Nous supposons que le déficit du volume structurel du cerveau peut refléter les résultats de la tolérance après désensibilisation des stimuli sexuels. L’écart entre les résultats rapportés par Voon et ses collègues pourrait être dû au fait que nos participants ont été recrutés dans la population générale et n’ont pas été diagnostiqués souffrant d’hypersexualité. Cependant, il se peut que les photos de contenu pornographique (contrairement aux vidéos utilisées par l’étude par Voon) ne satisfassent pas les consommateur de vidéo porno d’aujourd’hui, comme l’ont suggéré Love et collègues (2015).

En termes de connectivité fonctionnelle, nous avons constaté que les participants qui ont consommé plus de pornographie ont montré moins de connectivité entre le caudat droit (où le volume était plus petit) et le cortex préfrontal dorsolateral gauche (DLPFC). DLPFC n’est pas seulement connu pour être impliqué dans les fonctions de contrôle exécutif, mais aussi connu pour être impliqué dans la réactivité aux drogues. Une perturbation spécifique de la connectivité fonctionnelle entre DLPFC et caudate a également été signalée chez des participants toxicomanes (Wang et al., 2013), ce qui rend les corrélations neuronales de la pornographie similaires à celles de la toxicomanie. »

 

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